Peinture · mars 31, 2023

Inspiration préhistoriques

L’attrait que j’ai pour les peintures rupestres est de l’ordre de la fascination. Cette aventure picturale est vécue, pour ainsi dire, comme une véritable remontée aux sources, une sorte de quête en vue de percer le secret et des signes et des couleurs. Ces traces sur les parois des grottes, premières manifestations visibles de la faculté de représentation, montrent déjà une prise de conscience de la magie de la plasticité par sa mise au service du signe, lui octroyant du coup une force inouïe. Force, qui ne pouvait, du reste, n’être que de l’ordre du sacré pour l’habitant des grottes.
Du haut de notre modernité nous n’avons pu nous empêcher d’appeler ceci « art » au risque d’anachronisme, tellement l’usage savant de la couleur, des contrastes, des textures, l’exploitation des reliefs nous rappellent du Miro ou du Tapiés. Sinon est-ce peut être la pratique de l’art moderne qui a su puiser dans ses sources des principes qui lui sont désormais fondamentaux?
C’est armée de mes médiums et de mes traceurs que je plonge dans cet univers archaïque peuplé d’animaux. Reprenant les motifs, les couleurs et les textures de la peinture pariétale, je me mets à la recherche des secrets de ces lignes et de ces formes animales qui se déclinent tantot en pochoire tantot en réserve faisant entremêler fond et forme. Mais les modalités par lesquels s’exprime tout héritage étant infiniment complexes, je me surprends à faire l’écho de «l’aire du temps» en introduisant des cadrages géométriques, des répétitions à la Warhol, même ma palette se rebelle sur les tons terreux et ocres en faisant intervenir des bleus, des verts, des roses et des rouges vifs.