Exposition personnelle de peinture
27 mai – 17 juin 2023
Je ne saurais trouver de meilleure phrase qui exprime ma manière de faire la peinture que celle de Maurice Merleau-Ponty disant : « c’est en prêtant son corps au monde que le peintre change le monde en peinture ». Certes l’interprétation Merlopontienne de l’acte de peindre s’inscrit dans le cadre de sa théorie générale de la phénoménologie de la perception, mais point besoin pour nous d’aller dans les recoins de ces considérations philosophiques. En effet, plus qu’elle ne me serve à « expliquer » la peinture, mon intérêt pour cette phrase vient surtout du fait qu’elle semble carrément décrire mon procédé pictural. Effectivement, si pour ma part, je prête mon corps à la peinture, ce n’est pas seulement dans le sens de la métaphore, mais je le fais d’une certaine façon, au vrai sens du mot : dans ma pratique, mon corps n’est pas seulement le corps traditionnel de l’artiste, à la fois le percevant et l’opérateur, mais il est aussi un outil. « Un voyant visible » selon la formule de Merleau-Ponty. Ou dans mon cas, un voyant qui se voit dans la peinture comme dans un miroir, sinon du moins comme regardant son ombre.